A l'aube des temps protohistoriques, l'homme sort de l'animalité
et fait ses premiers pas dans les vallées, dans les montagnes,
dans les plaines et dans les forêts où il se heurte à un environnement
hostile.
En contrepartie, il découvre cette nature insoupçonnée : l'explosion
du soleil dans un ciel épuré par les vents, la senteur de
la lavande, la naissance secrète d'une source à flanc de montagne,
la grâce des plantes bercées par la brise.
Ces plantes lui sont directement accessibles, il les cueille,
les goûte et les consomme régulièrement. L'homme primitif
observe alors les soulagements que procurent certaines d'entre
elles et fait des plantes de véritables alliées contre les
maladies, les accidents, la vieillesse, la mort.
Sortie des cavernes, cette tradition est reprise par les premières
civilisations. Des centaines de milliers d'années d'expérience
sont alors développées et enrichies. En Inde, en Orient, au
Mexique, en Perse, les hommes approfondissent leurs connaissances
de la thérapie par les végétaux.
Ainsi, depuis la nuit des temps, Sumériens, Assyriens, Egyptiens,
Chinois, Indiens, Grecs, Romains, les ancêtres des médecins
s'appuient avant tout sur les plantes. Sauge, thym, hysope,
belladone, pavot, chanvre indien, racine de mandragore, écorce
de grenadier constituaient voici des millénaires la base de
leur médecine.
Tous les textes l'attestent : herbes sauvages et herbes aromatiques
font partie de l'univers quotidien des hommes. Rustre ou raffiné,
riche ou pauvre, illustre ou inconnu, chacun attend des plantes
le salut de son corps et le plaisir de son palais.
Toutes les fonctions naturelles de l'être humain : manger,
digérer, se reposer, rêver, aimer, procréer, penser, embellir,
communiquer, toucher, masser. trouvent dans les principes
actifs des plantes leur secours et leur recours.
Il est temps de recouvrer la sagesse perdue et de redécouvrir
ce monde des plantes qu'est le nôtre depuis toujours. Après
tout, comme le cumin ou l'ortie, nous ne sommes qu'un élément
parmi tant d'autres.